Jean Claude Mouton
"I stamp your passport", Jean-Claude Mouton
Il y a 20 ans, le 9 Novembre 1989, le Mur tombait. Est-ce un symbole de paix ? Un retour à la liberté, une communion pour le peuple allemand? Un tournant du siècle ? La fin d’une époque ? Que garde-t-on de cet événement ? Quelles traces, souvenirs et marques en reste-t-il ? Toutes ces questions se posent. En effet, le Mur est dans toutes les histoires personnelles comme il l’est dans l’histoire de l’Allemagne et du monde. Jean-Claude Mouton, photographe français, a suivi l’histoire. Il a ainsi photographié, année après année, l’effacement des traces du Mur. Ses photos sont étonnamment douces pour ceux qui gardent en mémoire l’euphorie violente du 9 novembre 1989. Comme si la suite de l’histoire ne pouvait que retomber dans le quotidien banal, comme la poussière se déposant en silence, dans la nuit, au petit matin, et se glissant dans les interstices des gestes automatiques. Est-ce donc tout ce qui reste ? Nous tenterons ici de répondre à cette question au travers d’une série de photographies.
L’exposition « Berlin, l’effacement des traces » confrontera chacun de nous à la fragilité des traces, des souvenirs, des marques, de l’impact des événements. Les photos qu’a faites Jean-Claude Mouton des restes du Mur ne montrent souvent plus que l’absence de Mur, ou l’oubli volontaire de son existence, le retour lancinant de la vie quotidienne, dont l’unique obsession est de couvrir les plaies béantes de la banalité du monde. Le spectateur s’imprègnera de cette douce et banale disparition des traces et de la mémoire, mais s’emparera également de la fragilité de l’image de ces photographies. Il jouera ainsi avec les photos, transformées en tampons encreur, pour laisser à son tour la trace, éphémère et légère.


