Jean-Claude Ruano-Borbalan
Parcours de l’artiste
"Jaune, rouge, bleu", septembre-octobre 2000, Vinea Café, Paris
"Première sommation", Janvier 2001, Fondation Avicenne, Paris
"Deuxième sommation", Janvier-Février 2003, Galeries artitude, Paris
Mots de l’artiste
« Ma peinture n'a précisément rien à dire. Elle n'est que de couleurs et de frottements. Une peinture pour ne pas penser, pour que la couleur soit une musique simple et directe, fruit d'un geste et provoquant l'émotion.
Sur les plaques d'aluminium, sur les papiers marouflés, sur les toiles tendues, sur tout ce qui se découpe et se peint, coule la pâte huileuse et les encres chromoplast. Les matières s'accrochent au métal ou diffusent en vagues sur des papiers de riz. Cà et là est enseveli le souvenir des rotatives offset. Le geste s'est arrêté sur les bords du film insolé, sur le bleu sale des films plastiques, d'où sourdent parfois les images que le pigment recouvre.
Il y a les nuages aérosols qui vaporisent sous les néons. Il y a le souvenir narquois des bitumes du Fayoum dont l'étroite spatule trace les bandelettes. Il y a le jaune de cadmium et l'Alizarine, et puis toujours, le bleu de Prusse parce que le noir ne peut que se mâtiner de reflets.
Je peins d’un regard façonné par les reliefs de la porte d'Isthar, les idoles des Cyclades, le rouge profond, inimitable d’Herculanum, la puissance d'une fibule alvéolée, le sceptre translucide de Sainte Foy, la puissance d'un bleu de notre dame et l’agneau mystique, qui nous inventa, plus qu’on ne saurait le dire. Et puis bien sûr il y a Matisse.
Tout cela se forge en grandes volutes, striées de lames crissantes : aplats, tournoiements, coupures, l’espace de la toile ou de la plaque devient palimpseste, se charge de la couleur et des matières. Le monde débordant et parfois chaotique s’ordonne de larges bandes ou de filets et les couleurs se répondent, sans heurs, sans haine, sans naïveté. »

